vendredi 20 juin 2014

La boulangerie – pâtisserie : un univers impitoyable ?

Avec les nombreuses émissions culinaires en vogue, nombreux sont les candidats à vouloir exercer dans le domaine de la pâtisserie – boulangerie. 

Pourtant, ce ne sont pas des métiers de tout repos. Il y a un fossé entre faire des gâteaux à la maison pour le loisir et en faire son métier.

Tout ce qu’il faut savoir avant de se lancer.





Les métiers de la boulangerie – pâtisserie sont passionnants : création permanente, produits agréables à travailler surtout pour les gourmands, possibilité d’ouvrir son commerce ou d’exercer à l’étranger, possibilité de devenir un chef reconnu…On comprend l’engouement croissant des futurs professionnels pour ces métiers. Le revers de la médaille est pourtant peu engageant.

Des métiers exigeants physiquement

Les métiers de la boulangerie – pâtisserie vous demanderont d’être en grande forme physique. En effet, vous devrez être debout toute la journée, porter des charges lourdes (un sac de farine peut peser entre 25 et 50 kilos, la cuve d’un batteur 10 kilos à vide). Le dos est mis à rude épreuve !

Les laboratoires de pâtisserie doivent être frais pour bien travailler les produits, il fait donc souvent très froid dans un labo. Lors de mon 2e stage, je devais porter une polaire sous ma veste tellement j’avais froid !

À l’inverse, les fournils de boulangerie sont très chauds avec les fours qui tournent en permanence, c’est agréable l’hiver, mais l’été c’est une autre histoire !

Il est également très mal vu d’être malades pour des raisons d’hygiène, notamment, mais également parce que les patrons comptent sur vous et vous ferons ressentir votre absence. Mieux vaut un organisme solide !

Vous aurez également peu de chance de travailler avec la lumière du jour. Les labos sont souvent des arrières boutiques sans fenêtre. C’était mon cas lors de mon 2e stage. Pas facile alors de travailler dans un environnement sans voir la lumière du jour !  

Des métiers dangereux

Un autre aspect du métier à ne pas occulter : la dangerosité ! En effet, vous manipulez des appareils qui ne pardonnent pas la moindre faute d’inattention. Mains coincées dans le laminoir ou le pétrin, coupures, brûlures… les accidents sont nombreux.

À cela s’ajoutent les maladies professionnelles : allergie à la farine qui peut se développer au cours des années, lombalgie, diabète…

Des métiers chronophages

Oubliez les 35 heures : les métiers de la boulangerie – pâtisserie demandent beaucoup d’investissement personnel. On peut facilement travailler 10 heures par jour, voire plus si l’on est patron de son entreprise.

En ce qui concerne les horaires, mieux vaut être un lève-tôt ! Un boulanger travaille bien souvent la nuit et un pâtissier peut commencer très tôt. Vous serez alors en total décalage avec vos proches : pas facile de sortir le soir lorsque vous devez vous lever à 3 heures du matin !

Vous devrez bien souvent travailler les week-ends, les jours fériés, à Noël…Difficile de concilier vie professionnelle et vie familiale. Si vous êtes patron, les vacances se résument souvent à 2 à 3 semaines par an pour ne pas perdre de clientèle.

Des mentalités très particulières

Soyons honnêtes, il est rare de tomber sur des patrons conciliants, l’apprentissage se fait à la dure ! Ils en ont bavé alors vous devrez en baver !

Si j’ai eu la chance de tomber sur des personnes qui avaient vraiment envie de transmettre leur savoir et compréhensives lors de mon premier stage, mon 2e stage s’est vite transformé en cauchemar. Une patronne exécrable, insultante qui n’avait nullement envie de m’apprendre quoi que ce soit et s’ingéniait à rabaisser son personnel pour se sentir bien. Et je n’étais pas la seule dans ce cas, d’autres personnes de ma promotion ont fait les frais de patrons irrespectueux.

On vous demandera également d’être opérationnel et rapide tout de suite, même si vous êtes débutants ! Peu de place à l’erreur. Certains patrons ont totalement oublié qu’ils avaient débuté un jour ou que la dextérité s’acquiert avec le temps et la pratique.

Pour une femme, c’est encore plus difficile. Certains patrons peuvent être très misogynes : à vous les blagues salaces ou les situations où l’on vous fait comprendre que vous n’y arriverez pas parce que vous êtes une femme !

Certes, ces métiers occasionnent beaucoup de stress avec une clientèle de plus en plus exigeante, une concurrence exacerbée, il n’y a pas de place à l’erreur. Pour autant chaque métier apporte son lot de stress et cela ne justifie en rien ces comportements.

Des métiers sous-payés

Là aussi, ne vous attendez pas à gagner des fortunes. On commence au SMIC et par la suite un boulanger peut gagner en moyenne 2000 €, un pâtissier un peu plus. Rien d’anormal, mais au regard du temps investi, travail le week-end, difficultés physiques, ce n’est pas cher payé.

En tant que patron, vous devrez attendre d’avoir remboursé vos emprunts avant de commencer à bien gagner votre vie. Les premières années qui suivent l’ouverture d’une boutique sont très difficiles. Il faut avoir les reins solides !

Loin de nous l’idée de décourager les futurs candidats avec cet article, mais mieux vaut prévenir que guérir. Ce sont des métiers que l’on doit exercer par passion pour accepter ces conditions. Beaucoup de personnes en reconversion professionnelle en boulangerie – pâtisserie ne poursuivent pas dans cette voie, préférant réintégrer leur métier d’origine.

Tout n’est pas noir non plus, on peut tomber sur des patrons avec une volonté de transmettre, tenter sa chance à l’étranger où les salaires sont un peu plus attractifs, les méthodes de travail différentes où ouvrir son propre business. 

2 commentaires:

  1. J'ai 29 ans et je suis vraiment intéressée par la boulangerie et/ou patisserie, ca a vraiment l'ai dur mais j'essaierai quand meme !

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  2. Bonjour Line, tu as bien raison de tenter l'aventure. C'est exigeant, mais passionnant ! A très bientôt.

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